Entrepreneuriat et PME : Enjeux et Perspectives

August 21, 2012 in Entrepreneurship, General, Starting up by Nicolas Rouhana

Sous le haut patronage de son Excellence le Ministre de l’Economie et du Commerce M. Nicolas NAHAS, l’Université Antonine – Faculté de Gestion des Affaires a organise le 2ème colloque international “Entrepreneuriat et PME : enjeux et perspectives”, les 7–8 juin 2012, sur le Campus principal de l’Université Antonine à Hadath-Baabda.

Berytech était un des partenaires du colloque, et donc j’ai eu l’occasion de faire partie de la séance d’ouverture et de délivrer in-texto l’allocution ci-dessous:

“Excellences, Révérend Père Recteur, Messieurs les Doyens, chers Professeurs, étudiants (et futurs entrepreneurs), mesdames et messieurs, permettez-moi d’abord de remercier l’Université Antonine d’avoir invité Berytech à être partenaire dans ce Colloque sur l’Entrepreneuriat, un terme-phare que trop important de nos jours, surtout que nous sommes entourés par des crises -citant le Président Sarkozy – « d’une violence inouïe »:

  • les Printemps Arabes dans les pays du Sud de la Méditerranée,
  • la crise de la Zone Euro dans les pays la rive européenne,
  • des démographies menant à un taux de chômage des jeunes avoisinant les 30% dans la zone MENA.

Ceci ne peut qu’empirer si le statu quo est maintenu; en effet, la région a besoin de générer plus de 80 millions d’emplois pendant la prochaine décennie pour les jeunes qui vont entrer dans le marché du travail.  Si l’on se calque sur les Etats-Unis, ils sont capables de créer 3 millions nouveaux emplois par an, donc dans le meilleur des cas, 30 millions de postes se créeront d’ici 10 ans. La question est alors: quel sera le sort des 50 millions restant si l’on extrapole à notre région? Deux issues possibles: soit l’immigration massive, soit la vie dans la pauvreté (avec tous les effets négatifs sociaux qui en découlent comme dépressions, fuite de cerveaux, etc.).

D’où l’importance de promouvoir la culture d’entrepreneuriat et créer une société d’entrepreneurs pour stimuler la croissance, créer des emplois et renforcer la stabilité de l’économie. En effet, un entrepreneur:

  1. crée des emplois (du moins son propre emploi)
  2. crée de la richesse (il ne recueille que 1% de la richesse qu’il génère; le reste est injecté dans l’économie comme taxes, salaires, etc)
  3. crée une “régénération économique” (il est obligé de trouver de nouvelles ‘niches’, d’innover face à la compétition, de trouver des modèles économiques immunisés contre les risques-pays, etc.)
  4. crée une culture de philanthropie et de mécénat (il redonne à la société de son temps, expérience, mentorat, etc),
  5. devient un modèle à suive (role-model) à cause de son succès (d’où l’intérêt de créer des success-stories locales),
  6. aspire à une culture de démocratie juste.

En termes d’entrepreneuriat, la région est à la traîne. Selon les données récentes de la Banque mondiale mesurant le nombre de nouvelles entreprises créées par 1 000 personnes, les cinq pays MENA inclus dans le sondage (Algérie, Jordanie, Oman, Maroc et Égypte) ont créé en moyenne seulement 0,9 startups, loin derrière des pays comme la France (3,08), la Finlande (3,37), Singapour (7.4) ou le Royaume-Uni (8,05).

Il faudrait donc stimuler tout un éco-système fertile à l’entrepreneuriat qui puisse:

  1. Améliorer la Recherche et Innovation et axer des priorités dans ce sens
  2. Se concentrer sur les secteurs porteurs à fort potentiel (santé, tourisme, TIC, etc)
  3. Améliorer les Politiques publiques et les Règlementations (selon le Doing Business Report 2012 de la Banque Mondiale, le Liban classé 109 sur 180 pays)
  4. Elargir les sources de financement (Selon les données du rapport Global Entrepreneurship Monitor 2009 MENA, presque 80% des entrepreneurs dans sept pays MENA sont financés par les membres de la famille et seulement environ 10 pour cent bénéficient des programmes gouvernementaux
  5. Améliorer les Infrastructures (comme le broadband, l’énergie, les transports, mais aussi les incubateurs accompagnants les entrepreneurs dans leurs projets de création d’entreprises, etc)
  6. Créer un pool de talents.

Chers étudiants, vous avez de la chance ! Aujourd’hui, nous assistons à un excès de capitaux par rapport aux opportunités ! En effet, au Liban par exemple, cet éco-système commence à émerger : il y a actuellement plus d’une vingtaine d’institutions ou d’initiatives (privées) de support à l’entrepreneuriat, avec une approche « bottom-up » :

  • incubateurs/accélérateurs, pépinières d’entreprises, cafés ou garages numériques,
  • concours de création d’entreprises pour technologies innovantes (Microsoft et Intel), pour femmes entrepreneurs, pour l’entrepreneuriat social, des « startup week-ends »,
  • des compétitions de Business Plan, des formations sur la création et développement d’entreprises,
  • des fonds d’amorçage et de capitaux-risques de plusieurs millions de USD,
  • des activités de réseautage (brunchs pour entrepreneurs, des SUMU, etc.),
  • de sessions de « pitching », des ONG et actions collectives comme Global Entrepreneurship Week et Entrepreneurs Lebanon,
  • Sans bien sûr oublier la formation de base dans les universités.

Nous somme très fiers à Berytech d’avoir participé à catalyser cet éco-système. Berytech célèbre aujourd’hui son 10ème anniversaire, après avoir accompagné la création de plus de 200 entités jusqu’à ce jour, lesquelles ont créé plus de 500 emplois de qualité et à haute valeur ajoutée, avec tout ce que cela implique en termes de croissance économique. Ces réalisations se sont étayées de la création du Fonds Berytech, qui a déjà effectué 11 investissements dans des startups en technologie totalisant plus de 5 millions de dollars. Nos différents programmes ont touchés des milliers d’entrepreneurs et déboursés plus de 350,000$ en subventions pour une trentaine de start-ups.

Chers étudiants, vous n’avez pas d’excuses ! Il ne vous manque donc rien pour vous lancer dans la création de votre entreprise, et vous n’êtes pas seuls. Si vous êtes toujours là demain, c’est que vous êtes lents; d’autres sont en train de courir chez nous avec leurs opportunités d’affaires. Venez au moins rencontrer les success-stories ; d’autres l’ont déjà faits, pourquoi pas vous ?

Je termine en félicitant l’université Antonine pour cette initiative, et je vous souhaite un excellent colloque et des échanges riches, et j’attendrais avec impatience les recommandations éventuelles qui en sortiront.

Je vous remercie.”

Pour plus de details sur le colloque, consulter http://www.upa.edu.lb/actualites/actualites/actualite/article/entrepreneuriat-et-pme-enjeux-et-perspectives.html